jeudi 12 janvier 2023
Souillure silencieuse
vendredi 21 octobre 2022
Graphie GEREC 1
Graphie GEREC (ou phonético-phonologique)
Depuis les années 1970, le créole martiniquais fait l'objet d'une standardisation par un organisme nommé groupe d'études et de recherches en espace créolophone (GEREC). Les graphies étymologiques sont abandonnées au profit d'une graphie standardisée phonético-phonologique].
Cette graphie, qui est aujourd'hui la plus employée, est cependant largement critiquée par de nombreux segments de la population martiniquaise. La graphie phonétique rend en effet souvent le texte difficilement compréhensible par les locuteurs du créole, qui, étant tous alphabétisés en français, doivent faire un pénible effort de déchiffrement pour retrouver le sens des mots, comme le ferait un locuteur du français si ce dernier était écrit de manière purement phonétique. Par ailleurs, cette graphie est également critiquée sur un plan plus politique, ses détracteurs considérant qu'elle est motivée par des relents nationalistes et relève d'une volonté de faire passer le créole pour une lanque plus éloignée du français qu'elle ne l'est réellement
| Graphie étymologique | Graphie standard GEREC | Français |
| Monte ou assous couche ou bouc ou tou | Mont-ou asou kouch-ou bouk-ou tou | Votre montre est sur votre couche, votre boucle aussi |
| Ça ou pa save grand passé'w | Sa ou pa sav gran pasé'w | Ce que tu ignores te surpasse (proverbe) |
| Ravèt pa janmin ni raison douvant poule | Ravèt pa janmen ni rézon douvan poul | Les cafards n'ont jamais raison face aux poules (proverbe) |
Le standard GEREC pour le créole martiniquais contient 24 lettres : a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, r, s, t, u, v, w, y, z. Il comprend également les signes diacritiques que sont les accents aigus et graves sur les lettres e et o pour noter les phonèmes /e/ (é), /ɛ/ (è) et /ɔ/ (ó). Contrairement à la graphie choisie pour le créole haïtien, le créole martiniquais supporte les accents é, et è.
L'orthographe selon le standard GEREC est phonétique. À chaque son correspond une unique lettre ou combinaisons de voyelles.
Le digramme ch est considéré comme une seule même lettre, notant le phonème /ʃ/.
De même, u et x sont peu fréquents en créole et sont souvent substituées respectivement par ou et par ks, kz ou z. Ex. « Par exemple : Xavier, est-ce que tu es là ? » devient « Pa èkzanp: Zavyé, ès ou la? ».
Une certaine confusion règne entre l'utilisation du r et du w, mais ces deux lettres sont bien distinctes.
Dans une syllabe où se trouve une voyelle arrondie (o, ou, on), on utilise w. Ainsi on a wou (roue). Dans une syllabe comportant une voyelle non arrondie (a, e, è, i, an), on ne se réfère qu'à la prononciation de la syllabe pour savoir s'il faut écrire r ou w. Ainsi, rat devient rat /rat/ et non « wat ». Gras devient gra et non « gwa » qui correspond plus à la suite /gw/ de Guadeloupe qui devient Gwadloup.
Dans le tableau ci-dessous ne sont recensées que les lettres qui diffèrent de leur emploi français standard :
| Créole | Transcription | Français standard |
|---|---|---|
| g | /g/ | /g/ ou /ʒ/ |
| h | /h/ | Muet, le «h» n'influence que l'élision en français standard |
| w | /w/ | /w/ ou /v/ |
| r | /w/ | /ʁ/ |
| s | /s/ | /s/ ou /z/ |
| y | /y/ | /i/ ou /j/ |
| an | /ɑ̃/ | /ɑ̃/ ou /an/ |
| an' | /ɑn/ | Rare comme dans «âne» → /ɑn/ |
| ann | /ɑ̃n/ | Très rare, surtout en contexte de liaison. J'en ai reçu → /ʒɑ̃nɛʁsy/ Comparativement à J'en suis sorti → /ʒɑ̃sɥisɔʁti/ |
| anm | /ɑ̃m/ | Aucune équivalence en français standard |
| ay | /aj/ | Généralement orthographié «ai» Travail → /tʁavaj/ Bail → /baj/ Ail → /aj/ |
| in | /in/ | Comme dans « Chine » /ʃin/ |
| en | /ɛ̃/ | Généralement écrit « in » (d'autres formes existent) |
| enn | /ɛ̃n/ | Aucune équivalence en français standard |
| on | /ɔ̃/ | |
| onm | /ɔ̃m/ | Aucune équivalence en français standard |
| onn | /ɔ̃n/ | Très rare, surtout en contexte de liaison On a acheté → /ɔ̃nɑaʃte/ Le bon ami → /ləbɔ̃nami/ |
| ch | /ʃ/ | |
| tj | /tʃ/ | Généralement orthographié « tch » comme dans République tchèque |
jeudi 20 octobre 2022
mercredi 22 janvier 2020
lundi 23 février 2009
Chronique d'une vengeance anticipée
Pli
ta pli tris
Nous
avons mené une grève depuis le 05
février à la Martinique, en collaboration
avec la Guadeloupe, en adhérant positivement à
toutes les revendications du « Collectif
du 05 février » et
« LKP ».
Cette grève est assurément
légitime et nécessaire. Un
évènement incontournable et historique.
Le
profit des grands patrons depuis des années, en
dépit de la misère et de la
souffrance de la population issue, le plus souvent, du milieu ouvrier
ou
agricole devenait intolérable et indécent.
Malgré
les privations et le changement d’habitude
impulsée par la dureté de la grève,
la majorité des gens acceptaient volontairement les
conditions de crise :
rareté du carburant, manque de liquidité du
à la fermeture des banques et des
organismes sociaux, diminution des produits de première
nécessité due à la
fermeture des centres commerciaux, des épiceries. La vie
tournait au ralenti et
l’esprit de débrouillardise, de survie primait,
provoquant néanmoins chez
certains la
violence, l’égocentrisme et
l’égoïsme.
Il fallait apprendre à vivre autrement, à se
passer du superflu, à se contenter
de peu et se retourner vers la production locale et agricole,
vivrière du pays.
Accepter son mal en patience, car le jeu en valait la chandelle. Une
grève si
longue et un peuple entier (sauf les békés et
grands patronats) uni derrière un
Collectif chargé de présenter les revendications
et négocier auprès des
représentants de l’État, du patronat et
diverses associations, jamais dans ce
pays nous n’avions vu cela, jamais.
Le
Collectif
en Martinique et le LKP en Guadeloupe n’ont jamais
concédé un iota au patronat.
Mandaté par le peuple, ils devaient rendre compte au peuple.
Ils ne devaient
pas baisser la garde, car cette grève était
unique et historique. En effet,
dans l’histoire du peuple prolétaire, les grandes
grèves finissaient par les
tueries d’ouvriers, de même, jamais toutes les
classes sociales ne se sont
alliées pour une même cause. La caste
békés et le grand patronat étaient en
marge de ce mouvement, car ces derniers étaient responsables
de cette situation
de misère et de crise.
Par
souci du profit, les prix des salaires misérables
n’augmentaient pas à la
vitesse des prix des marchandises. Le
déséquilibre était flagrant et
injurieux
pour les « prolos ».
Force
est de constater que plus on descend sur l’échelle
de la classe sociale, plus
on est noir et plus on monte, plus on est blanc. Ce n’est pas
faire du racisme
que d’écrire cela, mais la
réalité est bien là. Cette
réalité est historique,
car les riches blancs créoles d’aujourd'hui ont
bénéficié du foncier acquis
malhonnêtement sur la sueur et le sang des esclaves et de
l’industrie coloniale
et esclavagiste. Les nègres étaient sans sou ni
maille.
Le
nègre s’est formé, s’est
formaté. Il s’est adapté. Depuis 1848,
année officielle
de la manumission, il a réussi à
s’élever, à s’instruire,
à être égal à ses
anciens maîtres. Le nègre antillais est
exceptionnel, car il a construit son
histoire rapidement alors que d’autres ont mis des
siècles pour réaliser la
leur. Combien d’ouvriers agricoles sont tombés
sous les balles des gendarmes à
cheval, qui tiraient à balles réelles ?
Ces martyrs sont dans l’oubli. Jadis,
la force oppressive et répressive était de mise
dans ce pays.
Malheureusement,
il y a les nostalgiques du passé colonial qui parlent de la
positivité de
l’esclavage, qui caricaturent le nègre comme un
gros fainéant, paresseux,
indocile, indiscipliné, insubordonné, rebelle,
querelleur, inintelligent, sale,
pauvre.
Un
comble ! Un esclavage positive pour un esclave
négatif.
J’en
ris et j’en
pleure, car malgré tous ces intellectuels poussant le cri de
la négritude, nous
n’avons pas avancé d’un pas. Une partie
de la Martinique de 2009 est encore réactionnaire,
rétrograde.
En
vérité, nous voulons effacer et faire
disparaître à jamais
ces
idéologies
passéistes,
ce
colonialisme larvé,
sournois et feutré qui existe toujours,
ce
cloisonnement
socio-racial qui empoisonne notre pays,
cet
apartheid
dissimulé est bien réel,
ce
pays de
faux-semblant, d’hypocrisie avec des rapports interculturels
où chacun reste
dans son monde ghettoïsé socio-racial,
ces
injustices
sociales.
Cette
grève
permettait de changer la donne en permettant aux plus
démunis de parvenir à un
confort vital. Bien entendu, si les revendications du Collectif
étaient
acceptées par les autres parties et signées.
Les
différents points de réclamations du Collectif,
après négociations débouchent
sur un accord et signature.
Il faut souffrir pour obtenir
gain de cause. La
lutte est âpre devant les grands patrons qui ne
concèdent pas facilement des
points au Collectif. Les avancées avec l’aide de
l’État des deux conseils ont
été significatives. On est arrivé
petit à petit à des accords et des compromis
afin de sortir du confit. Il est à noter que le Collectif
est demeuré ferme et
vigilant lors de la crise. Cependant du côté du
patronat, tout a été mis en
oeuvre pour désavouer ce mouvement prétextant
qu’il y aura dix mille chômeurs
de plus après la grève.
D’après eux, le Collectif a plongé le
pays dans la
ruine, la banqueroute, chute, crise, culbute,
débâcle, déconfiture,
dépôt de
bilan, dépression, effondrement, faillite, fiasco,
insolvabilité, krach,
liquidation, marasme, mévente, naufrage,
récession, stagflation et dans une
plus grande misère forçant certaines entreprises
à licencier. Comme les békés
détiennent quatre-vingt-dix pour cent de
l’économie martiniquaise, rien de plus
facile que de punir comme sur l’habitation
naguère. On affame la population
pour que demain tous les torts et les reproches aillent vers le
Collectif. Les
gros planteurs utilisent la provocation en envoyant les petits
planteurs à Fort-de-France
en face des partisans du Collectif. Les gardes mobiles sont
obligés d’utiliser
les gaz lacrymogènes pour disperser les grévistes
mécontents et la population
en colère. D’où le climat
insurrectionnel et répressif.
Un proverbe connu
dit « Bétyé
pété sé nèg yo
akizé », ce
qui signifie que « le béké
pète et c’est le nègre qui est
coupable »,
d’où la raison du plus fort est toujours la
meilleur...
Méditons sur une
fable de La fontaine
Le Pot de terre et le Pot de
fer
Livre V - Fable 2
Le
pot de fer proposa
Au
pot de terre un voyage.
Celui-ci
s'en excusa,
Disant
qu'il ferait que sage
De
garder le coin du feu,
Car
il lui fallait si peu,
Si
peu, que la moindre chose
De
son débris serait cause :
Il
n'en reviendrait morceau.
"Pour
vous, dit-il, dont la peau
Est
plus dure que la mienne,
Je
ne vois rien qui vous tienne.
-Nous
vous mettrons à couvert,
Repartit
le pot de fer :
Si
quelque matière dure
Vous
menace d'aventure,
Entre
deux je passerai,
Et
du coup vous sauverai."
Cette
offre le persuade.
Pot
de fer son camarade
Se
met droit à ses côtés.
Mes
gens s'en vont à trois pieds,
Clopin-clopant
comme ils peuvent,
L'un
contre l'autre jetés
Au
moindre hoquet qu'ils treuvent.
Le
pot de terre en souffre; il n'eut pas fait cent pas
Que
par son compagnon il fut mis en éclats,
Sans
qu'il eût lieu de se plaindre.
Ne
nous
associons qu'avec que nos égaux ;
Ou
bien il nous
faudra craindre
Le
destin d'un
de ces Pots.
Le licenciement, mis en
chômage technique sera
pratiqué avec sang-froid et rigueur par les gros patrons
après la grève,
simplement pour démontrer que la grève a
ruiné le pays et pour que le Collectif
en porte l’entière
responsabilité. Ainsi,
certains déçus, licenciés diront que
le
Collectif a mené le pays dans un désastre
économique qui pousse les entreprises
à mettre clé sous table. Ceux qui perdront leur
emploi seront plus tentés de
culpabiliser le Collectif, ce qui aura pour conséquence de
plébisciter les
grands patrons. En outre, il est tellement facile de mettre une
entreprise en
faillite et d’en recréer une autre sous un autre
nom et gérant quand on a
l’économie du pays entre les mains. Par
fierté, orgueil, par sentiment de
supériorité ancestral, les blancs colons ne
supportent pas de voir que ceux à
qui ils donnent à manger peuvent oser faire une telle
grève, soutenir le
Collectif et ainsi
montrer aux yeux du
monde leur « profitation »
(mot créole : abus, injustice,
arbitraire, déloyauté, déni de
justice, empiétement, erreur (judiciaire),
exploitation, favoritisme, illégalité,
illégitimité, inconstitutionnalité,
inégalité, iniquité, injustice,
irrégularité, mal-jugé, malveillance,
noirceur,
partialité, passe-droit, privilège,
scélératesse, tort, usurpation).
Un comble !
Les blancs créoles pratiquant la noirceur
(méchanceté).
Souvent devant les
péripéties de la vie, les
petites gens résistent aux malheurs avec flegme et les
puissants sont terrassés
par une ruine soudaine. L’orgueil des grands
comparé à l’humilité des
petits me
fait songer à la fable de La Fontaine :
LE
CHÊNE ET LE ROSEAU
Livre
I, Livre I, 22 22
Le
Chêne un jour dit au roseau :
Vous
avez bien sujet d'accuser la Nature ;
Un
Roitelet pour vous
est un pesant
fardeau.
Le
moindre vent qui d'aventure
Fait rider la face de l'eau,
Vous oblige à baisser la tête :
Cependant
que mon front, au Caucase pareil,
Non
content d'arrêter les rayons du soleil,
Brave l'effort de la tempête.
Tout
vous est aquilon ; tout me semble zéphir.
Encor
si vous naissiez à l'abri du feuillage
Dont je couvre le voisinage,
Vous n'auriez pas tant à souffrir :
Je vous défendrais de l'orage ;
Mais vous naissez le plus souvent
Sur
les humides bords des Royaumes du vent.
La
Nature envers vous me semble bien injuste.
Votre
compassion, lui répondit l'Arbuste ,
Part
d'un bon naturel ; mais quittez ce souci.
Les vents me sont moins qu'à vous
redoutables.
Je
plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu'ici
Contre leurs coups épouvantables
Résisté sans courber le dos ;
Mais
attendons la fin. Comme il disait ces mots,
Du
bout de l'horizon accourt avec furie
Le plus terrible des enfants
Que
le Nord eût porté jusque-là dans ses
flancs.
L'Arbre tient bon ; le Roseau plie.
Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu'il déracine
Celui
de qui la tête au ciel était voisine,
Et
dont les pieds touchaient à l'empire des morts.
En
guise de conclusion, je dirais que tout
petit que nous sommes (le moucheron) devant le puissant (le lion), nous
pouvons
être vainqueurs, mais soyons vigilants et
mobilisés, car demain un ennemi
(l’araignée)
pourra nous prendre dans ses mailles à
l’improviste. Savourons la fable de La
fontaine :
LE LION ET LE MOUCHERON
Livre II,
fable 9
Va-t-en, chétif
Insecte, excrément de la terre.
C'est en ces mots que le Lion
Parlait un jour au Moucheron.
L'autre lui déclara la guerre.
Penses-tu, lui dit-il, que
ton titre de Roi
Me
fasse peur ni me soucie ?
Un Bœuf est plus puissant que toi,
Je le mène à ma fantaisie.
À peine il achevait ces mots
Que lui-même il sonna la charge,
Fut le Trompette et le Héros.
Dans l'abord il se met au large,
Puis
prend son temps, fond sur le cou
Du Lion, qu'il rend presque fou.
Le Quadrupède
écume, et son œil étincelle ;
Il rugit, on se cache, on
tremble à l'environ ;
Et cette alarme universelle
Est l'ouvrage d'un Moucheron.
Un avorton de Mouche en cent
lieux le harcelle,
Tantôt pique
l'échine, et tantôt le museau,
Tantôt entre au fond du naseau.
La rage alors se trouve
à son faîte montée.
L'invisible ennemi triomphe,
et rit de voir
Qu'il n'est griffe ni dent en
la bête irritée
Qui de la mettre en sang ne
fasse son devoir.
Le malheureux Lion se
déchire lui-même,
Fait résonner sa
queue à l'entour de ses flancs,
Bat l'air qui n'en peut mais,
et sa fureur extrême
Le fatigue, l'abat ; le
voilà sur les dents.
L'Insecte du combat se retire
avec gloire :
Comme il sonna la charge, il
sonne la victoire,
Va partout l'annoncer, et
rencontre en chemin
L'embuscade d'une Araignée :
Il y rencontre aussi sa fin.
Quelle
chose par là nous peut être enseignée ?
J'en vois deux, dont l'une
est qu'entre nos
ennemis
Les plus à
craindre sont souvent les plus petits ;
L'autre, qu'aux grands
périls tel a pu se
soustraire,
Qui périt pour la moindre affaire.
Au
lendemain de cette grève, les pauvres nègres
déchanteront certainement par
rapport aux licenciements annoncés par le patronat. Dix
milles selon les
pronostics de ces patrons rancuniers, arrogants et orgueilleux.
Préparons-nous
pour la « Chronique d’une
vengeance anticipée ».
Plus
tard, Plus triste...
Reflexion sur la crise antillaise. De Domota à Jacques 5:1-8
À écouter les parties opposées, nous pouvons approuver leurs argumentations, car ils nous distillent une partie de vérité.
Certains parlent de la ruine économique de la grève, certains de la violence entraînée par les jeunes, certains de la responsabilité dela France dans la poussée de violence urbaine, certains parlent de l'indiscipline des autochtones, de leur égoïsme voire leur bestialité dans la crise. Certains, par contre, voient dans la grève une occasion de rallier toutes les couches de la société dans un même combat, de retrouver les élans de solidarité et de retourner à une vie réelle sans fioriture et superflue.
Notre crise est sociétale et pousse chacun de nous à se remettre en question.
La grève pour la cherté de la vie a amené d'autres revendications de toutes les couches sociales. Chacun a des choses à dire et des doléances à signifier au gouvernement.
Il semblerait que la société martiniquaise et guadeloupéenne voudrait réinitialiser la vie et redémarrer d'un pied neuf pour que tous aient la même chance :Égalité, Liberté, Fraternité.
Une petite révolution antillaise en quelque sorte !
Nous en avons marre et nous voulons nous faire entendre. Non aux inégalités et aux injustices. Nous avons tous droit au bonheur. De par notre histoire, nous avons été en second plan, subissant les frustrations et les privations.
Il suffit ! Pourquoi toujours les mêmes qui jouissent de privilèges, pourquoi toujours les mêmes familles colons qui détiennent tous les biens patrimoniaux et les industries du pays ?
En février 2009, un vent de liberté d'expression, de communication,de remise en question, de partage, de révolte s'est levé en pays Guadeloupe et Martinique.
Ce mouvement dynamique a été amorcé par la mort du chantre de la négritude Aimé Césaire et de la présidence du métis Barack Obama à la tête des USA.
Tout est possile, Yes we can!
Les choses semblent bouger dans ce monde où on jugera un homme pour sa valeur et non pour sa couleur de peau.
D'autre part, spirituellement, je ne peux m'empêcher de rappeler l'épître de Jacques 5 versets 1 à 8:«
1 Et maintenant écoutez-moi, vous les riches ! Pleurez et gémissez à cause des malheurs qui vont s'abattre sur vous !
2 Vos richesses sont pourries et vos vêtements sont rongés par les vers.
3 Votre or et votre argent sont couverts de rouille, une rouille qui servira de témoignage contre vous ; elle dévorera votre chair comme un feu. Vous avez amassé des trésors à la fin des temps. 4 Vous avez refusé de payer le salaire des ouvriers qui travaillent dans vos champs. C'est une injustice criante ! Les plaintes de ceux qui rentrent vos récoltes sont parvenues jusqu'aux oreilles de Dieu, le Seigneur de l'univers.
5 Vous avez vécu sur la terre dans le luxe et les plaisirs. Vous vous êtes engraissés comme des bêtes pour le jour de la boucherie.
6 Vous avez condamné et mis à mort des innocents ; ils ne vous résistent pas.
7 Prenez donc patience, frères, jusqu'à ce que le Seigneur vienne. Voyez comment le cultivateur prend patience en attendant que la terre produise de précieuses récoltes : il sait que les pluies d'automne et de printemps doivent d'abord tomber.
8 Prenez patience, vous aussi ; soyez pleins de courage, car la venue du Seigneur est proche.»
Jean-Pierre LAUHON/ Kounta
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Kréyòl Ayiti
1 Koulye a, nou menm moun rich yo, se pou nou m'ap pale: Nou mèt konmanse kriye, konmanse pouse rèl pou malè ki pral tonbe sou nou yo.
2 Richès nou yo fin pouri. Vèmin fin manje rad nou yo.
3 Lò nou ak lajan nou yo fin wouye. Lawouj la pral kanpe poukondannen nou, li va devore vyann nou tankou dife. Nou te ranmase kont lajan nou nan dènye tan sa a.
4 Gade! Nou pa t' peye lajan nou te dwe peye travayè yo ki t'aptravay pou nou nan jaden. Tande jan y'ap rele! Travayè ki te ranmase rekòt pou nou yo ap plede rele! Rèl yo rive jouk nan zòrèy Bondye, Mèt ki gen tout pouvwa a.
5 Nou viv sou latè nan plezi ak nan jwisans. Nou manje jouk nou gratankou bèt ki pare pou labatwa.
6 Nou kondannen moun ki inonsan, nou fè touye yo. Yo menm, yo pa fè fòs ak nou.
7 Se poutèt sa, frè m' yo, annou pran pasyans jouk jou Seyè a vavini. Gade jan kiltivatè a gen pasyans. Li gen pou l' rete tann anvanpou tè a ba li yon bèl rekòt. Li pran pasyans, li rete tann lapli premye sezon an jouk lapli dènye sezon an.
8 Nou menm tou, pran pasyans. Bay kè nou kouraj, paske Mèt la pa lontan vini.
Péyi anba anba
Poème en créole, composé lorsque j'ai attendu trois heures de temps pour faire 30€ d'essence. Notons que je suis prioritaire (infirmier libéral).La situation est critique mais utile.
Péyi mwen
Sé la mwen aprann misiré
Ou tann !
pli ou douvan.
Èsklav, an lanmen douvan, an lanmen dèyè, travay latè.
Sé la mwen aprann konnèt
Jis ka rann sèten nèg kamaléyon,
Tini Bétyé
Tini Milat
Tini Nèg
Poukisa tout ras péyi la
© kounta/Jean-Pierre LAUHON
samedi 4 octobre 2008
Nèg mwen yé
Atyèlman,
mwen ka di mwen nèg.
Man pa pou di mwen nwè,
nonpli nonm kaféyolé.
Men nèg épi fòs san’m
bouyonnan andidan venn mwen.
Mi soufrans maraj kòd
ka siwawayé lapo’m
Jòdijou mwen sé nèg,
padavwè nanninannan chous chivé’m tankou kouli manjé chyen,
davwè nanninannan rasin chivé mwen grennen tankon nèg bosal,
pas nanninannan matris pwèl chivé’m plat konta bètyé fwans.
Atyòlman,
Mwen wélé : mwen Nèg,
Lè’w wè lèstonmak ‘m wouvè
oliwon latè Bondyé a.
Lè’w wè pyé ‘m
tanné an pyès kann lan.
Lè wè pyé’m léjè konta
an dansè miskaden milat.
« Yé » bidjin !
« Yé » mazouk !
« Yé » gavòt !
Vals pityé !
Èk dòt dansé !
Atyèlman,
mwen klanmé : mwen Nèg
tankou an moun garé pri nan volkan-an,
tankon pawòl manti-dépalé nan lasi tanp-la,
kondi lonviyaj san zyé mwen nan gran savann laklé lakonésans.
Konyéla,
ki fè mwen Nèg,
asifi lavalas-lapli sistrayé parapòt tyòkanblòk fidji mwen.
Nèg !
« Yé » !
Tyolé ras nèg ka bat tanbou lang mwen asou
lanm filé wou pawòl la !
« Yé » Nèg sé yo ki ni richès san manman kon zétwal nan syèl !
Poème José Le Moigne « Etre Nègre »
janmensòti
Traduit en créole par/Mofwazaj kréyòl : Lauhon Jean-Pierre/Kounta
04/10/2008
samedi 19 avril 2008
Aimé Césaire
Nous t'avons.
Nous t'avons aimé.
Nous t'avons Aimé Césaire.
Nous t'avons aimé Césaire à jamais...
kounta 19/04/08
vendredi 18 avril 2008
Césaire Aimé n'est pas mort.
n'est plus en chair et en os. Il nous a laissé un immense Héritage.
Nous avons désormais le flambeau que nous devons passer aux générations
futures. Il est nécessaire d'avoir ces grands hommes qui nous
relativisent et nous guident dans notre vision du monde et nos pensées
politico-culturelles. Il n'est pas mort, car une parcelle de son oeuvre
vit en nous. Un nègre fondamental et authentique.
Kounta 17/04/08
mardi 23 octobre 2007
criollo, crioulo, kriolu, criol, kreyòl, kriulo, kriol, krio,
Actuellement, on utilise aussi l'adjectif « créole », qui signifie : « né d'un processus de créolisation », notion d'anthropologie et de linguistique désignant basiquement la création de culture/mot nouveau suite à un métissage et par émergence spontanée dans ce nouveau milieu.
Le terme créole, en tant que substantif ou adjectif peut faire référence à :
- des langues créoles
L'adjectif créole peut faire référence à :
- de nombreux groupes de populations d'Amérique latine, des Mascareignes et du grand bassin caraïbe, et, de cette manière, est parfois utilisé concernant La Nouvelle-Orléans, en référence aux singularités historiques de la Louisiane pour dépeindre certains aspects de sa culture
- des espèces d'animaux domestiques : cochon en Haïti et aux Antilles françaises, mais aussi chèvre, vache et chien des Antilles françaises
Dans des noms propres, on rencontre aussi :
- la Compagnie Créole, un groupe de musique antillaise des années 1980.
- une couche de programmation pour bases de données pour PHP5 nommée Creole
Créole de Louisiane
Attention! Le Cadien et le Créole sont deux identités et deux langues différentes.
L'expression Créole de Louisiane fait habituellement référence aux populations créoles de Louisiane aux États-Unis et à ce qui y est associé. En Louisiane, l'identité créole peut tromper : elle n'a rien à voir avec la langue créole.
Pendant les régimes français et espagnols de Louisiane, l'usage de l'expression « créole », en tant que adjectif, se réservait uniquement aux gouvernements coloniaux. On appelait toute personne, produit ou animal nés dans la colonie, créole. L'esclave créole valait nettement mieux que l'africain car il parlait déjà une langue compréhensible aux Français (donc le français ou le créole louisianais) et il était moins susceptible aux maladies dûe à la chaleur étouffante de la colonie.
La vente de la colonie française de Louisiane en 1803 provoqua une division culturelle et précaire entre les francophones et créolophones de la colonie et les anglo-saxons venus saisir le pouvoir du nouveau territoire américain. Le premier gouverneur du territoire de Louisiane, William C. C. Claiborne, un anglo-saxon né dans le Tennessee, avait pour premier but d'américaniser la colonie francophone et créolophone de Louisiane. Si Claiborne souhaitait rendre le nouveaux territoire américain le plus rapidement possible, l'élite (blanc et de couleur) n'allait pas se laisser avoir.
L'élite créole (blanc et de couleur) se mit à s'identifier comme Créole pour se distinguer des Anglo-Saxons par la suite. Ils construisirent une division physique à la Nouvelle-Orléans, la rue du canal, entre les quartiers de langues française/créole et anglaise. D'où le nom du célèbre Quartier Français de la Nouvelle-Orléans, où vivaient les francophones et créolophones de la ville.
Si la Guerre de Sécession des États-Unis promettait la liberté aux esclaves, cela effraya le créole de couleur libre de Louisiane. Pendant les régimes français et espagnols de la Louisiane, la loi coloniale reconnaissait trois rangs de la société louisianaise: blancs, gens de couleur libres et esclaves, ce qui n'existait pas en Nouvelle-Angleterre. Cette particularité a permis l'émergence d'une nouvelle identité dans la colonie, celle des Gens de couleur libres. Lorsque les Nordistes ont gagné la guerre, l'homme de couleur libre a vu son identité menacée devant les Anglo-Saxons, qui souhaitaient dépouiller cette classe d'hommes de sa fierté et de son identité. Le but - le mettre dans la même catégorie que celle des anciens esclaves. Comme l'élite quelques quarante ans plus tôt, l'ancien homme de couleur libre se mit à s'identifier comme Créole pour faire la distinction avec l'ancien esclave.
Mais il ne faut pas oublier non plus les esclaves créolophones. Eux aussi auraient préféré être associés avec l'esclave de religion catholique et créolophone. Mais cette disctinction serait parti avec le Mouvement des Droits Civils et le Mouvement de Fierté Noire dans les années 1960, où le Créole noir devait alors décider pour avoir plus d'opportunités et de droits ou de préserver sa culture et son identité.
Aujourd'hui, la langue créole de Louisiane se voit en voie de disparition. Aucun mouvement linguistique officiel n'existe pas pour sa préservation.
L'identité créole est à renouveau revalorisée et ce largement à cause de la popularité cadienne de l'état.
Le créole:
- De l'espagnol criollo, lui-même issu du portugais crioulo, « noir élevé dans les colonies », de criar, « élever ».
- créole masculin ou féminin
Homme ou femme de race blanche, né dans les colonies intertropicales.
Métis, créole et quoi encore, je suis homme, un point c'est tout.
Langage autonome né du contact d'une langue européenne avec des langues indigènes ou importées (Antilles), devenu langue maternelle et langue principale d'une communauté par opposition à pidgin et à sabir.
Kalfou danjere (carrefour dangereux) est un superbe album en créole haïtien du groupe Boukman Eksperyans.
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Depuis la publication de la première grammaire créole (J. M. Magens, Grammatica over det creolske sprog, Copenhague, 1770), les études portant sur le créole ont considérablement fait progresser la connaissance de cette langue. Le terme « créole » se rencontre depuis le début de la colonisation française, emprunté au portugais. C'est en effet le mot portugais crioulo, passé au français par l'intermédiaire de l'espagnol, vraisemblablement, qui a donné le substantif créole. Le mot portugais dérive du verbe criar, signifiant élever, nourrir, allaiter et de son participe passé criado, domestique, serviteur, valet. L'emploi du terme en français est attesté dans la région des Caraïbes vers 1670 où il sert à désigner toute personne africaine, européenne ou métissée née et élevée aux colonies. Très vite, sans doute vers 1680-1685, il commence à qualifier « un certain jargon qui n'a que très peu de ressemblance avec la langue portugaise et qu'on nomme langue créole... » (Premier Voyage du sieur de la Courbe fait à la côte d'Afrique en 1685).
La question : qu'est-ce qu'un langage créole ? demeure un problème complexe. Les spécialistes s'accordent pour l'instant à caractériser le créole comme système linguistique comprenant trois éléments essentiels :
une histoire liée à la colonisation ;
une structure socio-linguistique évoquant la genèse et le processus de créolisation ;
un statut et une fonction déterminés dans le continuum social correspondant.
Deux théories ont été avancées pour expliquer la naissance du créole. La première, se fondant sur des hypothèses monogénétiques, suppose la genèse d'un langage rudimentaire soumis aux nécessités de la communication entre des communautés culturellement disparates dans un cadre colonial. C'est ainsi que le créole haïtien serait né dans l'île de la Tortue au XVIIe siècle, où cohabitaient esclaves africains, flibustiers, boucaniers, corsaires et colons européens. La seconde théorie propose des hypothèses polygéniques s'appuyant sur l'existence d'une langue-base « africaine-portugaise » ayant pris naissance dans les comptoirs portugais édifiés au XVe siècle sur la côte atlantique de l'Afrique. Cette langue-base a été parlée par les marins lusitaniens, les lanzados, pombeiros et tangomães, ces pillards intégrés au réseau de la traite négrière parcourant l'Afrique. Un rappel est nécessaire pour comprendre la genèse du créole. Le commerce négrier comportait quatre phases : la capture des Africains ; le transport par terre des caravanes quand les prises s'effectuaient à l'intérieur ; le stockage des captifs africains dans les entrepôts des comptoirs sur le littoral ; la traversée de l'océan par les captifs emprisonnés dans les soutes des vaisseaux négriers, ces fameuses « bières flottantes » qui naviguèrent du XVe au XIXe siècle entre l'Afrique, ses archipels (Açores, Canaries, Cap-Vert, São Tomé, Bijagos), Madagascar et les Caraïbes-Amériques. C'est au cours de ce processus de capture et de transport qu'a dû naître le créole nécessaire à la communication entre marins et trafiquants européens - d'abord des Portugais, les premiers à exploiter le filon de la traite - et Africains d'ethnies différentes. Après les Portugais qui inaugurèrent la traite négrière au début du XVe siècle, les Anglais, les Français, les Néerlandais, les Danois, les Suédois parvinrent à établir leurs propres comptoirs sur les côtes africaines pour approvisionner en main-d'œuvre servile leurs colonies du Nouveau Monde. Des termes appartenant aux langues européennes vinrent donc s'agréger à la structure grammaticale du créole africain-portugais. Le missionnaire français Jacques Bouton décrivait vers 1640 le langage employé aux Caraïbes orientales par les Amérindiens des Petites Antilles dans leurs rapports avec les colonisateurs français de l'époque : « Un certain baragouin meslé de François, Espagnol, Anglois et Flamand, le trafic et la hantise qu'ils ont eux avec ces nations leur ayant fait apprendre quelques mots de leurs langues. »
Comment postuler le mode de formation du créole à partir de la langue-base et de la langue-substrat ? Deux hypothèses, là encore, ont été avancées : une simplification de la langue-base par les locuteurs ou une interférence de la langue-substrat. La première se fonde sur l'idée que les trafiquants européens ou les propriétaires d'esclaves auraient facilité la communication en modifiant leur langue pour la rendre plus intelligible. La seconde admet que la formation du créole fut engendrée par le développement d'une variété de la langue-base que son utilisation par des « alloglottes » aurait modifiée considérablement. Plusieurs explications racistes se sont donné libre cours pour interpréter les modifications de la langue-base en invoquant certaines déficiences physiques, intellectuelles ou linguistiques.
Plus de deux cents langues créoles ou apparentées (pidgin) ont été enregistrées. Elles sont classées par les spécialistes d'après leurs langues-bases européennes. C'est ainsi qu'on distingue :
1. des langues créoles à base anglaise : créoles de la Jamaïque (bungo, quashee, jagwatalk), gullah de Charleston, guyanese, sranan (taki-taki), saramaccan et ndjuka, parlers des nègres des rivières vivant aux Guyanes et toutes les variétés de créole des Caraïbes ;
2. des langues à base portugaise au Brésil, au Cap-Vert, kriyol du Sénégal, Guinée-Bissau, São Tomé, Príncipe et Annobon ;
3. des langues à base espagnole : kaló de Cuba, papiamento des Antilles néerlandaises, pachuco du sud-ouest des États-Unis, « créoles africains-espagnols » parlés en Colombie, au Venezuela et au Mexique ;
4. des langues à base néerlandaise : negerhollands de Saint-Thomas (îles Vierges, États-Unis) et des variétés africaines - en particulier l'afrikaans ;
5. des langues à base de français : Louisiane, Caraïbes francophones (Haïti, Guadeloupe, Martinique, Guyane), Caraïbes anglophones (Dominique, Sainte-Lucie, Grenade, Saint-Vincent, Trinité et Tobago), océan Indien (Réunion, Maurice, Seychelles et Rodrigues).
Il y a en outre des créoles qui se sont développés sur la base d'autres langues comme le calo ou calão des romanichels, le yiddish, le ladino, etc., des créoles amérindiens (jargon chinook et mobilien en Amérique du Nord).
Plusieurs problèmes se posent : la description des structures phonologiques, l'orthographe, la codification, la modernisation et la pédagogie du créole. Le créole a été pendant longtemps le véhicule déterminant d'une symbolique de résistance. C'est la langue de la mémoire collective recueillant un héritage accumulé tragiquement par des générations de nègres, aux Caraïbes par exemple, qui ont pu élaborer une culture orale autour des contes populaires avec des personnages pittoresques (Lapin, Zamba, Bouki, Malice, Colibri, etc.), des veillées mortuaires, des proverbes et des devinettes. C'est peut-être surtout dans la création musicale que s'affirme l'importance du créole, dans les chants et dans la musique ngoka de Guadeloupe où la langue apparaît comme un facteur d'unité rassemblant toutes les composantes culturelles et sociales de l'univers des Caraïbes. On retrouve l'influence du créole dans la création poétique et il est curieux d'observer comment cette langue circule de manière sous-jacente dans la poésie d'hommes aussi différents que Alexis Léger alias Saint-John Perse, créole de Guadeloupe, Aimé Césaire, nègre de Martinique, et Derek Walcott, originaire de Sainte-Lucie, ou encore dans l'œuvre des romanciers martiniquais Patrick Chamoiseau et Raphaël Confiant, co-auteurs, avec le linguiste Jean Bernabé, d'un Éloge de la créolité (1989).
La polémique engagée entre les experts relativement au statut du créole semble dépassée. Les linguistes s'accordent à reconnaître une rupture structurale entre le créole et la langue-base qui en fait une langue à part entière. Le créole répond en effet aux caractéristiques de toute langue : systématicité, complexité et homogénéité ; individualité et intégrité par rapport aux autres langues ; processus de création lexicale interne. Depuis 1976, le Comité international des études créoles organise des congrès qui se réunissent régulièrement dans les différents pays créoles.
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source : wp ansiklopedi lib; ©Inivèsalis ansiklopédi
lundi 22 octobre 2007
kont kreyòl mofwaze franse/kreyòl
Oben tantasyon Bondye
Èktò Poule
(Bondye an twa èk an lilèt pou twa)
version française traduite: http://www.potomitan.info/atelier/poullet/trinite.php
Depi tyèk tan Lèspri a Bondye te an kalkil. Asi on piti lilèt bannzil Lakarayib, twa fanmi te ka viv.
Le Mousoulongo te nwè. Le Debwa di Sen Andre, te blan. Le Dirivaj te milat.
Bondye te sav nèg, blan, milat, se « du pareil au même », « se menm bèt menm pwèl » davwè diferans yo sete ayenditou menm.
Men se nonm-lan yo sitèlman kouyon, yo ka pran mousach pou lèt e yo ka sèmante sou kokozye yo, sa yo wè se verite yonn tou sèl.
Anfinaldikont, se twa fanmi tala olye chwazi kon’y pou viv byen tout ansanm epi diferans yo, yo té ka lonje djòl, tansifèt yo te ka viv yonn bò kote lòt, san yann pa pran men epi lòt-la, tousa adan an move vibrasyon.
Bondye te sav zafè tala ke kon van ka simen latanpèt. Ek si sa te ka kontinye glouglouse kon chatenn asou kannari, asireman yonn di se jou a, sa kay pete kon toupatou oliwon latè èk ti dousin-wouspèl asi dènye ti lilèt-la kay bout.
Apadisa, i te le se nonm-lan ni, isiya, asou latè tala, an kote ki te ke sanm bèl paradi Bondye a
Si kote tala te a pa, pitèt an jou i te ke simaye oliwon latè a , kivedi lape te ke simèje anfinalditout asou tout latè a
I mande Mari an ti konsèy, i di’y « Nou se pe fè yo vini tou le twa pou manje pa kote lè midi, èk ès ou sav, si lè yo ke plen bouden yo, si yo peke tonbe dakò, asire pa petèt yo ke bon zig.
Bondye touve ti pawòl tala byen toubonnman èk lamenm i mande lanj Gabryèl, konmisyonè’y feyal, ay di mèt-kay la nan chak fanmi a ki yo envite manje ponmye madi apre lapantkòt la : « Pa bliye di yo, yo tankon twa rwa ban mwen, e dayè, politès ba rwa se lè i pa ka rive an rita, dabò pou yonn, man ka atann yo dyèktèman alè midi.
Lanj-lan fini travay-li èk i vire tounen epi konsantiman chak mèt-kay la. Jou-a rive. Nan paradi bondye-a sete an bidim bankoulele otan nan tjuizin otan nan salon, padavwè yo pa te le gate lafèt-tala. Mari te menm prévwa ofè chak se envite-a kado, avan yo vire tounen kay yo.
Alè midi sonnan, Bondye èk Mari mache-vanse asou chimen Palmye a pou risivwè se envite-a.
Yo wè Pyè Dibwa di Sen André kabryole asou chouval blan’y. Misye Dibwa desann asou chival li, mete kòy a jounou, an menm tan ka fè siyn lakwa pou tire reverans li ba Bondye Sinyè . Li koumanse resite a tout balan « Mari mwen ka gloriye’w, ou ki ni anchay bèlte, Bondye sinyè epi’w » Bondye mete doubout-kanpe èk yo twa rete an bon ti moman an bout chimen an ka bay blag pou sa atann lézòt envite. Lé yo pa wè yo apre an kadè, Bondye di yo annou ay an salon an pou siwote an bon ti plantè.
Apre de plantè, i te ja près inè lapremidi, an lanj gadò anonse Dezire Dirivaj rive. Chapo pay li te ka tounen-vire ant lanmen’y, i èskize kòy bò se moun-lan: “ Jis lè an te ka pati, vye mile chape kòy, se se ti manmay-la ki ay èche’y lwen lwen lwen nan savann-lan »
Mari montre fotèy la pou i sa asiz. An jenn lanj pòte ponmyè plantè’y ba’y asou an plato, I mete ba lezòt twazyèm plantè yo. Yo leve vè yo a lasante!
Yo tout yo te ka savoure an ti mizi an mizi bwè beni a, toupannan yo te ka pale : Avantout, Bondye te ka pran nouvèl se ti moun-lan.
Pa kote le an dimiyè apre inè’d lapremidi, yo deside sete atyèlman pou sa manje èk ankonsekans, nèg-la lè’y ka rive ke redi chèz bò tab.
Twazè lapremidi ! Lè lanj gadò vini di yo Alèksann Moulongo nonmen Sansann rive, yo te ka tete lang epi an ti litjè, pou sa fè manje a desann, sete an bon boutèy Vye Pap. Pou dayè, « Alèksann » sete non batenm li, kifè vre non’y sete « Kòfi » davwè i ne an vandrèdi.
Salako anba bra’y, nèg-la rakonte i te pati peche, o pipiri chantan, asou gomyè’y, pou leve nas li, i te konprann i te ke pran an bon enpe « Chat-bandé », tousapou tjuizin syèl Bondye a, padavwè se meyè pwason ki ni, men tonnandisò van-an tonbe, i te pou tire gran vwèl li, seye mete ti vwèl douvan an, apre la menm ranme. I swe vèt pou tire kòy nan mare lanmè a. Apre, lè i rive asou « bòdlanmè », i chaje bourik li e vitman prese, i kouri-rive (lèskiz pou ti rita a) an syèl Bondye a.
« Man pase bò lasal latjuizin-lan epi mwen rimèt an bèl lo pwason pou soupe zòt. Man pa sav poutji bòn-lan tonbe malkadi, lè i wè mwen! »
Bondye pa chalere kòy, adan se twa envite a, se sèl la ki pòte tibren laswè travay li. I rimèsye Sansann, fè yo bay an ti wonm vye, apre yo pati-ale nan salon-an pou bwè kafe-a èk bay se kado a. Asou an tout piti tab té ni de kado anribanne, twazyèm-la sete an gwo tjyès poze atè a.
Zòt ke chwezi yonn pa yonn, adan se twa bagay tala , tala zòt pli simye a, e dabò pou yonn, sa ke jwe asou dèstine zòt èk tout jenerasyon zòt tou. Silon lòd zòt rive isiya, Misye Pyè Dibwa di Sen Andre, se ou an ponmye ki ke chwazi. Betje-a vanse e i rape an ti anvlòp ki te yann di se de kado a pozé asou ti tab la. La menm , kon an nonm malélivé, san pyès lelivasyon ba sa moun kay la , i tira tenm-lasi a pou gade sa ki sere andidan…. An kawne chèk, tout chèk siyen san montan. Lajan sete leritaj-la syèl-la te ka ba’y pou’y èk tout jenerasyon’y. I pa pou entjèt pyès tan ankò pou pwoblèm lajan. Pa menm an mèsi, pa menm an adye, i foure kado’y an pòch li, kouri-ale pran chival li e i pete’y -ale, i fè chèl san gade dèyè’y.
Apre sa milat-la te pou chwezi. Fale i te chwezi ant tjyès-la ate a èk ti bwèt-la asou ti tab-la. I pisimye ti bwèt-la. Tankon lòt malélive blan-an, li tou anni ouvè kado’y san pèd tan, a tout boulin : sete an plim zwa obidjoul, poze nan an bwèt lebenn vèt ! Plim zwa tala se limaj matjaj-la, Limaj ou ka touve asou tout pankat se mèt-papye-lalwa a (notè), kivedi milat èk tout jenerasyon’y te ka vini moun gran lèspri èk plim yo te ke ba yo manje. Desire Dirivaj pli radi ki beke-a koumanse soukwe kòy , men egal ego kon betje : gwosomodo èk malonnèt san santiman, i kouri-chèche mile’y pou vèti fanmi li.
Dènye-a sete Sansann, Alèksann Mousoulongo, i te blije pran sa ki te rete, tjyès-la. I te kontan kon bosi, an si bèl kado ! i soustonnen’y : i te lou,lou,lou ! Se pa ti bon Bondye bon, dann ! se an chans ba’y si lezòt pa pran bèl kado-tala. Si’y te ka koute lide’y, i te ke bo otan Bondye otan Mari, pou di yo mèsi. Pou pa jennen se mèt kay-la , i pa ouve tjyès-la davwa i pa te le yo wè wotè fetay lajwa’y. I di yo ovwa, chaye tjyès-la asou do’y èk pati-ale chache boukèt li an bout chimen-an.
An mannyè bwete, Sansann rive an lakou-a eti fanmi-li ka debat. Yo tout te ka atann li, yo ende’y dechaje kado cheri a. Yo danse owon kado-a, sitèlman èspere, syèl-la te vreye ba nèg.
Anfen Alèksann Mousolongo mande Eliz, fanm li, rouvè tjyès-la ! Yelele ! I te plen tout kalte zouti : bèch, fouch, koutla, wou, mato, lanklim, fo, fosi, pens, tènay, baramin, mas, legoyin, si, gro rabo, piti rabo…. Adan tout katalòg zouti tala, i te ka panse touve an fonfonn tjyès-la tjèk lanmone, titak lajan pou yo rann yo kont Bondye pa te wote lajan nan plezi lavi yo. Men, tjip ! anyen ki klou, vis, tounvis, ékrou, boulon……
Ponmye yich Sansann èk Eliz te leve fonmi wouj, i te pare pou rele kòlè’y, i lévé pwen’y asou syèl-la, i chyele : « Ki sa nou fè’w pou ou sa pije nou, san manman, konsa ? »
Manman’y redi bra’y, fè’y letjete tèt li èk i di « Papa nou ki nan syèl la, Nou mandé pou yo toujou respekte non’w. vini tabli gouvènman’w, pou yo fè volonte’w asou latè, tankon yo fè’y nan syèl la…. »
Lè i fini lapriyè’y, tout moun-lan réponn nan an sèl vwa : « amèn !» Eliz di ankò : « Kon Bondè wè ki travay fèt pou nou, annou fè’y vini larèl nou. Konfèdmanti, travay ke pou nou tankou an lapriyè. Konsidi travay kay beni ? Pa pou tout moun, an ti pawòl ka di « travay fèt pou nèg e bèf ! »
Listwè tala ka ba zòt solisyon fraz mistik, men ki ni anchay malis, oti nèg sou lilèt tala bougonnen, lè yo ba yo lalwa franse « depawtemantalizasyon » nonmen « lasimilasyon », ki te ka fè di yo dé « zasimilé ». Nan lang kreyòl la « asi mile » vle di an franse « sur un mulet ». Fraz kreyòl la sete «Avan nou te asi boukèt, alè mi nou asi mile, on jou nou ke asi chouval ! »
(Autrefois nous allions à dos d’âne, nous voilà sur un mulet, un jour viendra où nous irons à cheval).
Alò toujou « asi mile » ou konyela « a chouval » ?
18/10/2007
Mofwaz Jean-Pierre LAUHON nonmen Kounta
Kreyol matinitje :
Migannaj grafi ayisyen èk Jerèk 1.
Lèksik migannen ant Ayiti, Gwadloup, Matnik .
Sentaks matniké.
http://potomitan.info/
http://fr.groups.yahoo.com/group/potomitan-info/
Annou voyé kréyòl douvan douvan
